Algérie 1962-2001

Algérie 1962 – expérience autogestionnaire

« … mais peut-on consolider, conserver un secteur autogéré sans attaquer tout ce qui n’’est pas autogéré ? La tactique des « bastions du socialisme » est une tactique défensive, elle ne vaut rien ; l’’autogestion ne se met pas en conserve, pas plus que l’’anarchisme, ils y pourrissent. L’’autogestion ne pouvait que s’’étendre ou dépérir, elle ne pouvait s’’étendre qu‘’en affrontant l’’État. Le plus tôt possible aurait été le mieux, car dès qu’’un État se crée, il ne cesse de se renforcer. Le travail de groupes révolutionnaires était, par la diffusion d’’informations réelles, d’’accélérer la prise de conscience collective de cette idée : ils n’’y a pas les « mauvais » bureaucrates et les « bons » fonctionnaires d’’État, il n’’y a pas de coexistence possible avec l’’État ; sa vie est la mort de l’’Autogestion.

Algérie 2001 – l’’insurrection libertaire du mouvement des assemblées dit des Aarouchs

« L’’insurrection algérienne qui a eu lieu en Kabylie et s’’est développée vers l’’Est pendant le printemps et l’’été 2001 a porté à un niveau qualitatif supérieur le niveau d’’une résistance qui n’’avait jamais cessé. Celle-ci, pour exemplaire et héroïque qu’’elle ait été, n’’avait jamais réellement dépassé le stade de la revendication démocratique classique, avec les modes de délégation de pouvoir, de légitimation électorale et de légalisme que nous connaissons bien. Revenons d’abord sur toute cette période. » [……]

« Tout le pouvoir y est donné aux assemblées générales des villages et des quartiers qui ont elles-mêmes autonomie d’’organisation et d’’action. Elles se fédèrent en coordination de willaya, chaque unité de base envoyant deux représentants. Enfin, il y a une coordination inter-willaya. Les délégués des rencontres de la coordination ont un mandat strict de porte-parole de leur collectif de base et sont révocables à tout moment. La seule structure permanente est la commission de solidarité, dépourvue de tout pouvoir politique, dont le rôle exclusif est de recenser les blessés, d’’assurer la collecte nationale et internationale des médicaments et, pour les cas d’’extrême gravité (blessures lourdes par balle de guerre), d’’en référer à une commission médicale indépendante constituée par des médecins. La coordination de willaya est chargée d’’appliquer les décisions prises par l’’assemblée des délégués. Ce sont des rencontres longues, difficiles et souvent lourdes et épuisantes car l’accord ne peut se faire qu’’au consensus ou bien, en cas d’impasse, à la majorité des trois quarts. »

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